Cuma’tech : Drones
Malgré la chaleur, une vingtaine de personnes sont venues découvrir l’usage du drone en agriculture lors du premier Cuma’tech à Messincourt


La société Artech’drone, basée à Reims est venue présenter l’aspect réglementation et pratique lors de ce premier temps fort.
L’utilisation des drones en agriculture connaît un développement rapide ces dernières années. À la fois précis, rapides et polyvalents, ces outils offrent de nouvelles perspectives pour l’observation et l’intervention sur les parcelles. Toutefois, leur mise en œuvre demande une bonne organisation et le respect d’un cadre réglementaire strict.
Des applications multiples sur le terrain
Les drones agricoles répondent aujourd’hui à plusieurs besoins essentiels des exploitants :
- Observation : détection des maladies, suivi des adventices ou encore surveillance du cheptel
- Interventions ciblées :
- Semis de couverts végétaux
- Épandage d’anti-limaces
- Applications de biocontrôle
- Lâchés de trichogrammes
Grâce à leur précision, ils permettent d’intervenir rapidement et uniquement là où c’est nécessaire.
Des performances intéressantes
Les drones agricoles présentent des caractéristiques techniques adaptées aux travaux agricoles :
- Largeur de travail : 9 à 11 m
- Vitesse : 10 à 20 m/s
- Débit de chantier : environ 1 hectare par minute
- Hauteur de travail : 3 mètres
- Autonomie : environ 30 minutes
Ils disposent d’une capacité d’emport allant de 5 à 300 kg, et sont exclusivement électriques.
Cependant, leur efficacité dépend souvent moins de la batterie que de la logistique.
Des coûts variables selon l’utilisation
L’investissement dépend fortement du type de drone et de son niveau d’équipement :
- Drone 5 kg : environ 9 000 € (sans caméra)
- Drone 50 kg :
- 24 000 € non équipé
- jusqu’à 37 000 € équipé
- Drone 100 kg : environ 75 000 € équipé
En prestation :
- Épandage classique : 10 à 15 €/ha
- Lâchers de trichogrammes : 20 à 25 €/ha (logistique plus complexe)
Une réglementation exigeante

L’utilisation des drones agricoles est fortement encadrée :
- Réalisation obligatoire d’une analyse de risques (PDRA)
- Autorisation spécifique (SORA) :
- Valable uniquement pour les parcelles déclarées
- Délai d’obtention d’environ 6 mois
- Coût de 3 000 à 5 000 €
Chaque intervention doit être déclarée, avec une traçabilité stricte des opérations. Certaines autorisations sont limitées dans le temps (jusqu’à 7 jours).
Une assurance est également obligatoire, incluant la responsabilité du dirigeant et du télépilote. Les drones sont par ailleurs équipés d’une boîte noire en cas d’incident.
Une organisation à anticiper
L’utilisation d’un drone ne s’improvise pas :
- Réalisation d’un diagnostic parcellaire préalable
- Utilisation d’outils numériques (type MesParcelles)
- Difficulté à intervenir sans anticipation ou à la dernière minute
- Conditions météo similaires à celles d’un pulvérisateur classique
Formation et modèle économique
Une formation spécifique d’environ une semaine est nécessaire pour piloter ces équipements.
Le développement des drones agricoles semble aujourd’hui particulièrement adapté aux CUMA, qui peuvent :
- Porter les démarches administratives (SORA)
- Faire appel à des prestataires pour la réalisation des travaux
Un marché en pleine évolution
Le secteur est dominé actuellement par des constructeurs asiatiques, notamment chinois, qui proposent des équipements performants, notamment en termes d’autonomie.

Pour conclure
Le drone agricole représente une réelle opportunité pour les exploitations : gain de temps, précision des interventions et réduction potentielle des intrants.
Cependant, son usage repose sur trois piliers essentiels :
- Une organisation rigoureuse,
- Une anticipation des interventions,
- Et le respect d’un cadre réglementaire strict.
Utilisé dans de bonnes conditions, il constitue un outil complémentaire performant au service de l’agriculture de demain.